Divers Portraits

Jean-pierre joret, la tête dans les étoiles

Des premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune à sa rencontre fortuite avec Hubert Reeves, astrophysicien canadien de renom, et Thomas Pesquet, célèbre astronaute français, Jean-Pierre Joret, 87 ans, se remémore pour Silver Alliance les moments forts qui ont jalonné sa vie d’astronome amateur.
L'astronaute Thomas Pesquet et Jean-Pierre Joret
Celine Fiaudrin
28 avril 2020 9 minutes de lecture

Des promenades nocturnes dans le ciel du Sahara

La passion de Jean-Pierre Joret pour les étoiles débute en 1956, dans le désert du Sahara. Alors âgé de 23 ans, le jeune homme, qui travaille pour une entreprise parapétrolière, est envoyé en mission dans le sud-est de l’Algérie, à la frontière libyenne, dans la région d’Edjeleh. « À cette époque, nous étions livrés à nous-mêmes. Il n’y avait pas de bistrot, pas de cinéma, pas de dames à courtiser ». Une fois la nuit tombée, alors que ses collègues vont boire un verre ou jouer aux cartes, Jean-Pierre Joret préfère se balader dans les alentours, « sans jamais trop s’éloigner de la sonde », pour admirer les étoiles. « Ces ballades furent mon premier vrai contact avec le ciel. Nous étions au milieu de nulle part. Le silence était majestueux et écrasant. Il n’y avait pas de limites, pas d’horizon. Les paysages étaient absolument extraordinaires. Seul, en plein Sahara, cette dégustation du ciel était pour moi libératoire ».

Les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune

Le 21 juillet 1969, comme des millions de téléspectateurs à travers le monde, Jean-Pierre Joret a les yeux rivés sur son poste de télévision. « Nous étions en train de vivre en direct un moment historique. Nous ne savions pas ce qui allait se passer… Est-ce que la mission allait être une réussite ? Est-ce que l’équipage allait pouvoir revenir sur Terre ? ». Ce jour-là, l’astronaute américain Neil Armstrong entre dans l’Histoire en devenant le premier homme à marcher sur la Lune. « J’ai le souvenir de m’être rendu sur les Champs-Elysées pour exprimer mon enthousiasme… en klaxonnant ! D’autres avaient eu la même idée. C’était une manifestation spontanée et bon enfant. On se congratulait comme si c’était nous qui avions marché sur la Lune ».

La rencontre fortuite avec l’astrophysicien Hubert Reeves

Un jour, alors que Jean-Pierre Joret se promène dans les rues de la capitale, un homme l’accoste poliment pour lui demander son chemin. « Je n’étais pas pressé, alors j’ai accepté de l’accompagner. Sur le chemin, on s’est mis à bavarder et il m’a proposé de venir écouter la conférence qu’il donnait à la Sorbonne ». Cet homme, c’est Hubert Reeves, célèbre astrophysicien canadien. « Ce soir-là, le grand amphithéâtre de la Sorbonne était plein à craquer, se souvient Jean-Pierre Joret. Hubert Reeves était un homme passionné et passionnant, de même qu’un excellent pédagogue. Sa conférence a été pour moi une révélation. Elle m’a donné envie de comprendre l’astronomie, de lire, de participer, de découvrir, de savourer… Aujourd’hui, je peux dire que c’est cette rencontre fortuite avec Hubert Reeves qui a semé la petite graine de l’astronomie qui a ensuite germé en moi ».

Peu de temps après cette conférence à la Sorbonne, Jean-Pierre décide de s’inscrire au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) pour suivre des cours de géologie, avant de rejoindre l’Association Française d’Astronomie (AFA) « qui œuvre pour rendre la culture scientifique accessible à tous », en organisant des conférences animées par des astrophysiciens et des événements comme Les Nuits des Etoiles. « J’ai eu la grande chance de faire partie de l’équipe organisatrice des Rencontres du Ciel et de l’Espace », se réjouit Jean-Pierre Joret. Un événement biannuel organisé à la Cité des sciences et de l’industrie de Paris, dont Hubert Reeves était alors le porte-parole. Avec l’AFA, l’astronome amateur voyage également aux quatre coins du monde. « J’ai été à plusieurs reprises aux Etats-Unis pour visiter des observatoires. J’ai également assisté à des éclipses au Kenya, en Egypte et en Asie ».

La réalisation d’un rêve : rencontrer l’astronaute Thomas Pesquet

« Un jour, j’ai offert à Benjamin Zimmer, Directeur Délégué et Associé de Silver Alliance, des revues éditées par l’AFA. Comme son cousin, Guillaume Beucher, co-fondateur du parc Echologia, connaît personnellement Thomas Pesquet, il m’a proposé d’aller assister à l’une de ses conférences qui se tenait à Laval ». Une occasion rêvée pour cet astronome amateur ! Une fois la conférence terminée, Jean-Pierre Joret s’approche de l’estrade pour saluer Thomas Pesquet et lui exprimer toute son admiration. « Même si cette rencontre fût brève, c’était un excellent moment. Je remercie Benjamin d’avoir pris cette initiative, car ce n’est effectivement pas tous les jours que l’on peut serrer la main d’un brillant astronaute français ! ».

Et des rêves, Jean-Pierre Joret n’en manque pas ! Il aimerait désormais visiter l’Observatoire astronomique du Cerro Paranal, situé à 2 635 mètres d’altitude et se rendre à Hawaï où se trouvent certains des plus grands observatoires du monde.


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