Santé Audition

9 seniors sur 10 attendent de leur complémentaire santé qu’elle puisse les orienter vers un audioprothésiste dont elle encadre pratique et tarifs

Santéclair a lancé en juin 2019 l’Observatoire des parcours de soins des Français en partenariat avec Harris Interactive. Les résultats de la quatrième thématique étudiée, « les seniors et les problèmes d’audition », montrent la prise de conscience de l’enjeu de santé publique représenté par les difficultés d’audition : 89 % des seniors estiment qu’elles constituent un enjeu de santé important aujourd’hui, et même plus important qu’il y a 10 ans pour 59% d’entre eux. Pourtant, ils ne sont que 33% à considérer que les problèmes d’audition sont bien pris en compte par notre système de santé. Quels sont leurs besoins et attentes en la matière ? Les dispositions de la réforme du 100% Santé peuvent-elles y répondre ?
Samantha Guerard
16 mars 2020 14 minutes de lecture

Des difficultés d’audition identifiées par près de 4 seniors sur 10… mais seuls ¼ de ces derniers sont appareillés, notamment en raison du coût des audioprothèses

38% des seniors disent ressentir des problèmes d’audition, mais ils ne sont que 10% à déclarer porter une audioprothèse. Les 28% de seniors de 50 ans et plus ressentant des problèmes d’audition sans être appareillés l’expliquent pour deux raisons principales : ils sont d’abord 5 sur 10 à affirmer ne pas avoir de problèmes assez importants pour nécessiter un appareil, et ensuite 4 sur 10 à déclarer ne pas en avoir les moyens financiers.

Pourtant, la minorité d’entre eux qui est appareillée se sent très largement satisfaite de son équipement (84%) pour remédier à ses problèmes d’audition et cela à tous les niveaux : dans l’accompagnement au cours de son parcours de soins en audiologie, comme au niveau de l’adaptation de l’audioprothèse à la gêne ressentie et de l’amélioration de la vie quotidienne que cela a permis.

 

45% des seniors partagent encore un sentiment de mauvaise information face aux problèmes d’audition

Les seniors ne sont qu’une courte majorité, de 55%, à se sentir bien informés sur les problèmes d’audition. Surtout, chez les 50-59 ans, ils sont même majoritaires à se sentir mal informés (61%)… en particulier s’agissant du niveau de prise en charge financière de ces soins (74% des 50-59 ans se disent mal informés), du prix des équipements pour y remédier (72%) ou de l’accompagnement qu’ils peuvent obtenir en la matière par les différents acteurs du système de santé (69%).

Face à ce défaut d’information, les seniors identifient en premier lieu le corps médical comme acteur de référence vers lequel se tourner pour être renseignés : 94% d’entre eux s’adresseraient à un spécialiste ORL, 84 % à un généraliste / à son médecin traitant. Les audioprothésistes sont également reconnus par 73% des seniors comme un acteur auquel s’adresser pour s’informer sur les problèmes d’audition. Juste derrière, les complémentaires santé apparaissent à 68% des seniors comme tout à fait légitimes en tant que source d’information en la matière.

 

L’intérêt des nouveaux modes de consultation pour accélérer l’équipement des personnes présentant un déficit auditif mais n’étant pas encore appareillées

L’appareillage initial d’une personne en audioprothèse passe nécessairement par deux étapes essentielles : la prescription par un médecin ORL après la réalisation d’un examen auditif, et l’achat d’un appareillage correspondant chez un audioprothésiste. Or, il apparaît que les personnes ressentant des problèmes d’audition mais n’étant pas encore appareillées sont à peine plus d’une sur deux (54%) à déclarer avoir déjà consulté un ORL, et près d’un tiers (30%) à envisager de le faire. La consultation d’un audioprothésiste n’a quant à elle été entreprise que par 15% d’entre elles, 35% envisageant de le faire… et 46% ne l’envisageant même pas !

La difficulté à s’engager dans un processus d’appareillage, chez des personnes reconnaissant être concernées par des problèmes d’audition sans être encore appareillées, s’exprime aussi lorsqu’elles ne sont que 12% à affirmer spontanément avoir l’intention de s’équiper à court-terme (au cours des 12 prochains mois)… 68% ne déclarant cette intention qu’à long terme (dans plus d’un an) et 20% ne l’envisageant pas du tout.

D’où l’intérêt de diversifier les occasions et modalités de recours aux professionnels de la santé spécialistes de l’audition, pour faciliter le passage par ces étapes incontournables de la prise en charge médicale. D’autant que les personnes concernées par les problèmes d’audition sans être encore appareillées sont les plus nombreuses (47%) à se dire intéressées par la possibilité de bénéficier par exemple d’une téléconsultation ORL chez un audioprothésiste, sachant la difficulté à obtenir rapidement un rendez-vous pour cette spécialité dans de trop nombreux territoires.

 

100% Santé : une offre déjà bien identifiée, qui serait privilégiée par une minorité importante de seniors… d’autant plus parmi les non appareillés ressentant des problèmes d’audition

88% des seniors ont entendu parler de la réforme du 100% Santé, et 72% de ses dispositions en matière d’audiologie (29% ayant une vision précise de ce dont il s’agit, 43% sans vision précise). Lorsqu’ils disent connaître ces dispositions, ils sont 9 sur 10 à avoir compris que la prise en charge totale des audioprothèses portera sur une sélection d’équipements et non pas sur la totalité des appareils existants sur le marché, près des deux tiers (59%) considérant que la sélection d’appareils éligibles au 100% Santé sera restreinte et l’autre tiers (31%) pensant au contraire qu’elle sera large et couvrira les besoins d’une majorité de personnes nécessitant un appareillage.

Les seniors sont globalement 42% à estimer qu’en cas de besoin d’appareillage ils privilégieraient un équipement totalement pris en charge mais à choisir parmi une sélection d’équipements, et 56% à privilégier au contraire un équipement sans restriction dans les références et options disponibles même si son coût n’est pas totalement pris en charge. Et les seniors préférant opter pour ce dernier cas de figure seraient alors une majorité (51%) à être disposés à assumer un reste-à-charge entre 200 et 500 euros pour l’appareillage des deux oreilles (19% étant prêts à payer plus de 500 euros de reste-à-charge, 30% moins de 200 euros).

Les seniors non encore appareillés mais déclarant des difficultés d’audition, qui constituent une des principales cibles de la réforme en termes d’accès aux soins, seraient quant à eux 48% à privilégier un équipement totalement pris en charge mais à choisir parmi une sélection d’équipements. La proportion plus forte de personnes qui s’orienteraient vers un équipement 100% Santé, parmi la cible des seniors non appareillés présentant des difficultés d’audition, confirme la sensibilité du critère financier dans le primo passage à l’acte d’achat d’audioprothèses.

 

Accompagnement par sa complémentaire santé : un apport plébiscité, mais des services trop peu connus

Pour consulter un audioprothésiste, 9 seniors sur 10 (89%, parmi ceux disposant d’une complémentaire santé) considèrent comme utile de pouvoir être orientés par leur complémentaire santé vers un professionnel dont elle encadre la pratique et les tarifs. Pourtant, ces mêmes seniors disposant d’une complémentaire santé sont 7 sur 10 (69%) à ignorer si elle leur permet de bénéficier d’un réseau d’audioprothésistes partenaires.

Ce constat est à mettre en parallèle du fait que les seniors disposant d’une complémentaire semblent être nombreux à ne pas bien connaître les garanties prévues à leur contrat pour la prise en charge des problèmes auditifs (43% déclarent ne pas savoir s’ils ont un forfait spécifique en la matière), ou à estimer qu’elles ne couvrent pas bien ce type de frais (41% déclarent avoir un forfait spécifique audio, parmi lesquels les trois quarts -30%- pensent qu’il ne couvre pas bien ces frais).

Des enseignements qui témoignent de l’importance, afin de consolider au mieux l’amélioration de l’accès aux prothèses auditives portée par la réforme du 100% Santé, d’une meilleure visibilité du recours possible aux réseaux d’audioprothésistes partenaires des complémentaires santé. Ces réseaux constituent en effet une option non-négligeable pour amener les personnes à s’équiper, s’agissant d’un service attendu par les millions d’assurés pouvant en bénéficier. Mais la proportion des audioprothèses de classe I vendues dépendra aussi de la politique de remboursement des audioprothèses de classe II (en dehors du 100% Santé) propre à chaque complémentaire. Les attentes majoritaires des seniors sont claires sur ce point : 73% souhaitent que le niveau de prise en charge en classe II (hors 100% Santé, tarifs libres) soit au moins équivalent à celui de la classe I (100% Santé, prix limite de vente).

 

 NB : nous désignons ici par « seniors » les Français de 50 ans et plus.













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